DISPOSITIONS COMPLEMENTAIRES ET ADDITIONNELLES

A L’AVIS DE PREMIERE APPLICATION EN DATE DU 3 NOVEMBRE 2004

 

L’article 331-3 alinéa 3 du Plan Comptable Général 2005 stipule que « les composants d’un actif sont traités comme des éléments séparés s’ils ont des durées d’utilité différentes ou procurent des avantages économiques selon un rythme différent. »

Ce principe appelé « approche par composant » impose, dès l’acquisition, de comptabiliser, de manière séparée, les composants dont la durée de vie est plus courte que celle de l’immobilisation prise dans son ensemble.

La mise en œuvre de l’approche par composant, telle qu’elle est prévue par le PCG 2005 (art 347-4) et précisée par l’Avis de première application, consiste à retraiter rétrospectivement   les amortissements antérieurs au 1er janvier 2005. Dans le cas où cette approche rétrospective s’avère impraticable, une disposition alternative, appelée méthode de la réallocation de la valeur nette comptable, est autorisée par la présente disposition additionnelle à l’Avis de première application du PCG 2005

Conformément à l’article 123-2 § 4 du PCG 2005, il est possible de déroger à l’application de l’approche par composant, lorsque l’immobilisation ne comporte aucun composant ayant un coût significatif par rapport à son coût total.

Dans ce cas, toutes les dépenses ultérieures engagées pour remplacer une partie de l’actif qui n’avait pas été comptabilisée comme composant séparé lors de sa comptabilisation initiale ou lors du passage au nouveau PCG 2005 ne sont pas immobilisées mais comptabilisées directement en charges de l’exercice où elles sont encourues.

1. Méthode  rétrospective

L’avis de première application du PCG 2005 en conformité avec l’art 347-4 précise que : « Les états financiers relatifs à l’exercice 2005 devront être préparés et présentés comme si l’entité avait toujours arrêté ses états financiers en se conformant aux dispositions prévues par le nouveau plan comptable. En conséquence, ces nouvelles dispositions devront être appliquées de façon rétrospective, …»

Les dispositions complémentaires suivantes sont prescrites pour une meilleure application rétrospective de l’approche par composant.

Lors du passage au PCG 2005, les entités doivent :

-        dresser la liste valorisée au coût d’acquisition, des composants significatifs des immobilisations acquises avant le 1er janvier 2005 (ex. les composants significatifs d’un avion pourraient être le carlingue et les réacteurs) ; les composants significatifs d’une immobilisation donnée qui auraient la même durée d’utilité et mode d’amortissement peuvent être regroupées ; le reliquat qui n’aurait pas pu être séparé en composant devrait être constitué des seules parties de l’immobilisation qui pris individuellement ne sont pas significatives;

-         retraiter les amortissements antérieurs au 1er janvier 2005 comme si les immobilisations avaient été depuis toujours amorties selon la durée de vie utile de chacun de leur composant significatif; l’amortissement du reliquat constitué des composants non significatifs peut être effectué soit globalement pour leur ensemble (en utilisant des techniques d’approximation si l’entité a des attentes diverses pour ces parties) soit séparément pour chaque partie ;

-         imputer sur les capitaux propres d’ouverture de 2005 l’impact du retraitement des amortissements antérieurs ;

-        amortir dans l’exercice 2004 et suivant selon la nouvelle décomposition des immobilisations.

Cette méthode s’applique même lorsque la valeur nette comptable de l’immobilisation est nulle. Elle consiste à reconstituer le coût historique de chaque composant et les amortissements qui auraient dû être appliqués.

Deux possibilités s’offrent à l’entité pour la reconstitution des valeurs brutes historiques :

-         sur la base des factures d’origine ;

-         par d’autres méthodes.

Sur la base des factures d’origine

Il convient dans ce cas, à partir des factures d'origine ou des factures correspondant au dernier remplacement, de porter les montants des différents composants à l'actif du bilan, puis de recalculer les amortissements sur ces valeurs en fonction de la date d'acquisition et des nouvelles durées d'utilisation.

S’il y a eu remplacement, cette méthode revient à immobiliser des dépenses comptabilisées antérieurement en charges lors du remplacement et à traiter la quote-part de valeur nette comptable du composant remplacé comme une mise au rebut. Dans ce cas, il peut y avoir une augmentation ou diminution des valeurs brutes inscrites à l'actif du bilan avec un impact dans les capitaux propres.

Les autres méthodes

S'il est impossible d'identifier les factures d'origine, il existe deux autres possibilités :

-        l’entité peut décomposer les valeurs brutes des immobilisations selon la répartition du coût actuel à neuf en fonction des données techniques sur une immobilisation similaire ;

-       elle peut également envisager d'appliquer au coût d'acquisition comptabilisé à l'actif du bilan le pourcentage de ventilation des catégories de composants, constaté sur des immobilisations récentes ou rénovées identiques, pondéré le cas échéant par les variations de conditions économiques et d'évolutions techniques.

2. La réallocation de la valeur nette comptable

La méthode de la réallocation de la valeur nette comptable consiste à :

-        ventiler par composant la valeur nette des immobilisations acquises avant le 1er janvier 2005 suivant des clés de répartition qui reflètent la valeur de ses composants  à l’époque de l’acquisition de l’immobilisation ;

-         ne pas retraiter les amortissements antérieurs au 1er janvier 2005 ;

-         amortir les composants au cours des exercices 2005 et suivants, selon la nouvelle ventilation des immobilisations.

La détermination de la valeur de chaque composant et de la durée d’utilisation restante de chaque composant doit se baser sur des données actuelles ressortant de dossiers techniques.

Cette méthode, qui n’a pas d’impact sur les capitaux propres d’ouverture de 2005, est rétrospective au niveau de la détermination des composants mais prospective quant au calcul des amortissements (On ne revient pas sur les amortissements antérieurs à 2005) conformément à l’article 347-1 du PCG 2005.

Elle constitue une exception à l’application rétrospective aux périodes antérieurs à 2005 et ne saurait être adoptée que si l’application rétrospective s’avère impraticable. 

L’application d’une disposition est impraticable lorsque l’entité ne peut pas l’appliquer après avoir mis en œuvre tous les efforts raisonnables pour y arriver. Appliquer à titre rétrospectif ou effectuer un traitement rétrospectif aux périodes antérieures est impraticable si :

-         les effets de l’application rétrospective ou du retraitement rétrospectif ne peuvent être déterminés ;

-        l’application rétrospective ou le retraitement rétrospectif impose d’énoncer des hypothèses sur ce qu’aurait été l’intention de la direction de l’entité au cours de ces périodes ; ou

-         l’application rétrospective ou le retraitement rétrospectif impose d’effectuer des estimations significatives des montants alors qu’il est impossible de distinguer objectivement les informations relatives à ces estimations, qui :

o      révèlent des circonstances existant à la ou aux dates auxquelles ces montants auraient du être comptabilisés, évalués ou présentés ; et

o       auraient été disponibles au moment de la publication des états financiers de ces périodes.

Conformément à l’article 347-4 du PCG 2005, des explications doivent être données en annexe sur l’absence d’adaptation ou d’ajustement des chiffres comparatifs de l’exercice 2004 présentés dans les états financiers 2005.

Antananarivo, le 13 avril 2006

Le Président du Conseil Supérieur de la Comptabilité

                                                     Raymond RABENORO

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